Ce que couvre exactement la fiche BAR-TH-172
La fiche BAR-TH-172 encadre l'installation d'une pompe à chaleur géothermique (eau/eau ou sol/eau) dans un logement résidentiel existant. Elle couvre les deux grandes familles de captage : horizontal enterré (boucles de polyéthylène posées à environ 60 cm à 1 m de profondeur, sur une emprise au sol équivalente à 1,5 à 2 fois la surface chauffée) et vertical (sondes géothermiques descendues à 80-120 m de profondeur via forages).
Le principe thermodynamique exploite la température quasi constante du sol et de la nappe phréatique toute l'année (≈ 10 à 14 °C à quelques mètres de profondeur). Cette stabilité donne à la géothermie un SCOP réel plus élevé et surtout plus constant que l'aérothermie, avec des performances peu affectées par les vagues de froid hivernal — un avantage structurel sur les PAC air/eau qui perdent en efficacité à basse température extérieure.
Le forfait CEE BAR-TH-172 et les cumuls mobilisables
Le forfait CEE de la BAR-TH-172 est élevé, à la mesure de la complexité de pose (terrassement ou forage) et de la performance atteinte. Il varie selon la zone climatique (H1, H2, H3) et la surface chauffée, et se traduit en euros via le cours hebdomadaire du kWh cumac de l'obligé. Les montants précis doivent être demandés au cas par cas dans l'offre de prime CEE nominative.
La BAR-TH-172 est pleinement cumulable avec MaPrimeRénov' résidentielle classique, avec le Coup de pouce Chauffage pour la sortie des énergies fossiles, et avec le Parcours Accompagné MaPrimeRénov' (fiche BAR-TH-174, qui a remplacé l'ancienne BAR-TH-164 abrogée début 2024) pour les rénovations d'ampleur visant au moins 2 sauts de classe DPE. L'éco-PTZ et la TVA 5,5 % s'appliquent également.
Captage horizontal ou sondes verticales : arbitrer
Le captage horizontal est moins cher à mettre en œuvre (pas de forage), mais nécessite une surface de terrain disponible importante (1,5 à 2 fois la surface chauffée), non plantée d'arbres, et une étude de sol préalable pour confirmer la conductivité thermique. Il est généralement privilégié pour les maisons individuelles avec grand terrain en zone pavillonnaire.
Les sondes verticales sont adaptées aux terrains exigus (emprise au sol réduite à quelques m²) mais impliquent des forages coûteux réalisés par une entreprise spécialisée, et un permis de forage déclaratif auprès du BRGM via le téléservice « Duplos ». L'ARS est également informée pour surveiller les interactions avec les nappes phréatiques. Cette solution est indispensable en milieu urbain ou périurbain dense.
Investissement, ROI et points de vigilance
La géothermie reste une solution premium avec un investissement initial élevé : en ordre de grandeur, une installation complète (étude de sol, captage horizontal ou forage vertical, PAC, plancher chauffant basse température, mise en service) se situe typiquement dans une fourchette de 15 000 à 25 000 € TTC pour une maison individuelle, avec de fortes variations selon la nature du sol, la profondeur des forages et la puissance installée. Ces chiffres sont indicatifs et doivent être confirmés par un devis chiffré artisan.
Le retour sur investissement (ROI) hors aides est long — typiquement 12 à 20 ans selon la facture énergétique évitée et le coût du kWh électrique — mais les aides publiques (CEE + MaPrimeRénov' + Coup de pouce) peuvent réduire significativement le temps de retour pour les ménages modestes. La géothermie est le choix de raison pour une maison individuelle bien isolée, équipée d'un émetteur basse température, sur un terrain suffisant et avec un horizon de détention long du logement.