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Loi Climat et Résilience 2021 — En vigueur

Interdiction location DPE G et F : ce qui s’applique en 2026

La loi Climat et Résilience 2021 interdit progressivement la location des passoires thermiques en résidence principale : G depuis le 1er janvier 2025, F au 1er janvier 2028, E au 1er janvier 2034. En 2026, voici ce qui s’applique aux bailleurs : nouveaux baux, renouvellements, sanctions, dérogations, et les aides 2026 pour sortir du statut passoire jusqu’à 90 000 €.

Tarifs vérifiés et mis à jour le

Ce qui s’applique en 2026 selon votre situation

CasDPE GDPE F
Nouveau bail signé en 2026INTERDIT — bail réputé non opposable, loyer non recouvrable judiciairementEncore autorisé jusqu’au 31 décembre 2027
Renouvellement de bail en 2026INTERDIT — le bailleur ne peut pas reconduire un bail si DPE GEncore autorisé en 2026 et 2027
Bail en cours signé avant 2025AUTORISÉ — la loi ne rompt pas les baux en cours, mais le locataire peut exiger travauxAUTORISÉ jusqu’au renouvellement après 2028
Location saisonnière (meublé tourisme)NON CONCERNÉ — la loi vise la résidence principaleNON CONCERNÉ — la loi vise la résidence principale
Location meublée à l’année (résidence principale)INTERDIT (mêmes règles que vide depuis 2025)Encore autorisé jusqu’au 31 décembre 2027

Source : loi n° 2021-1104 du 22 août 2021 (art. 160) + décret n° 2022-461 du 31 mars 2022. Application stricte aux résidences principales (locations vides ou meublées ≥ 8 mois). Locations saisonnières et meublés de tourisme : exclus du dispositif.

4 obligations bailleur en 2026

Annexer un DPE valide au bail

DPE de moins de 10 ans (réformé 1er juillet 2021) obligatoirement annexé. Sans DPE, le locataire peut faire annuler le bail ou exiger une remise du dossier complet.

Mentionner la note DPE dans l’annonce

Note A-G + étiquette GES obligatoires dans toute annonce immobilière (papier, web, vitrine). Mention "logement consommant beaucoup d’énergie" pour F/G, depuis le 1er janvier 2022.

Gel des loyers passoires

Depuis le 24 août 2022 : loyer NON révisable annuellement et NON augmentable au renouvellement pour tout logement F ou G (même règle dans toutes les zones, tendues ou non).

Travaux sur demande du locataire

Le locataire peut saisir le juge des contentieux pour faire ordonner les travaux d’économie d’énergie nécessaires (sous astreinte). Refus du bailleur = condamnation possible.

4 sanctions encourues si vous louez quand même

La loi Climat ne prévoit pas d’amende administrative directe pour location en violation des seuils. Mais les recours civils et la jurisprudence en construction prévoient plusieurs sanctions cumulables :

  1. Travaux sous astreinte. Le tribunal peut condamner le bailleur à effectuer les travaux nécessaires sous astreinte (50-500 € par jour de retard). Source : article 20-1 loi 1989, jurisprudence en construction.
  2. Baisse de loyer judiciaire. Le locataire peut demander la réduction du loyer en raison de la non-conformité énergétique. Le juge fixe le pourcentage selon la gravité (10-30 % observés en jurisprudence).
  3. Bail non opposable. Pour un nouveau bail signé en violation de la loi (DPE G en 2026), le bailleur ne peut pas se prévaloir du bail en justice (impayés non recouvrables, expulsion impossible).
  4. Annulation pour vice du consentement. Si le DPE indiqué était incorrect (sous-estimation), le locataire peut demander l’annulation pour vice du consentement (article 1130 Code civil) + dommages-intérêts.

Dérogations 2026 : 4 cas reconnus

Copropriété bloquée

Si l’assemblée générale a refusé les travaux nécessaires (procès-verbal à l’appui), le bailleur peut continuer la location même au-delà des seuils. Solutions : 2/3 des copropriétaires en faveur des travaux suffisent depuis 2024.

Bâti classé ou protégé

Logements situés dans un secteur sauvegardé, abords de monuments historiques, sites patrimoniaux remarquables : dérogation possible si avis défavorable de l’ABF (architecte des bâtiments de France) sur les travaux nécessaires.

Contraintes techniques majeures

Si l’audit énergétique conclut à l’impossibilité technique d’atteindre la classe E (par exemple : isolation murs impossible sans destruction structure porteuse), un avis d’architecte ou bureau d’études thermique permet une dérogation.

Coût travaux disproportionné

Si le coût estimé des travaux dépasse 50 % de la valeur vénale du bien, jurisprudence émergente accepte la dérogation (à confirmer par recours administratif). Cas marginal.

Toute dérogation suppose un dossier solide (audit énergétique, PV AG, avis ABF, devis chiffrés). À défaut, présomption de violation au profit du locataire en cas de litige.

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Recours locataire 2026 : 5 leviers

Si vous êtes locataire d’un logement classé G ou F en 2026 :

  • Mise en demeure du bailleur par lettre recommandée AR exigeant les travaux nécessaires (référence : article 20-1 loi 1989).
  • Saisine de la commission départementale de conciliation (gratuite, préfecture).
  • Action en justice devant le juge des contentieux de la protection (tribunal judiciaire) : demande de travaux sous astreinte ou baisse de loyer.
  • Annulation du bail pour les baux signés après 2025 (DPE G) ou 2028 (DPE F).
  • Aide juridictionnelle possible (accès gratuit à un avocat selon ressources).

Vendre une passoire au lieu de rénover ?

La vente reste autorisée en 2026 pour les logements G et F. Mais : décote moyenne -5 à -15 % pour un F, -10 à -20 % pour un G (Notaires 2024) + audit énergétique obligatoire (500-1 200 €) + délai de vente +30-60 j. Pour un bien estimé 250 000 €, la décote dépasse souvent les 25 000-50 000 € évités par rénovation aidée.

Aides 2026 pour sortir d’une passoire G ou F

4 aides cumulables disponibles en 2026 pour les bailleurs et propriétaires occupants :

  • MaPrimeRénov’ Parcours accompagné jusqu’à 70 000 € (90 000 € avec bonus passoire 10 % + bonus BBC). Voir notre guide Parcours accompagné.
  • CEE Coup de pouce chauffage et isolation. Voir notre guide Coup de pouce.
  • TVA réduite 5,5 % sur tous les travaux d’économie d’énergie (matériaux + main-d’œuvre).
  • Éco-PTZ jusqu’à 50 000 € sans intérêts (15 ans). Voir notre guide éco-PTZ.

Reste à charge typique pour un bailleur sortant un G : 25-40 % du devis (vs 10-30 % pour un propriétaire occupant très modeste). À comparer impérativement à la décote de revente (souvent supérieure au reste à charge).

Questions fréquentes

Mon bail signé en 2023 avec un DPE G : suis-je obligé de partir en 2026 ?
Non. La loi Climat et Résilience (2021) ne rompt pas les baux en cours. Vous restez locataire dans les conditions du bail initial jusqu’à son terme. Mais à la date de renouvellement (3 ans pour un meublé, 6 ans pour une location vide), le bailleur ne pourra pas vous proposer le renouvellement si le logement reste classé G : il devra soit faire les travaux nécessaires, soit ne pas renouveler. Vous pouvez aussi exiger des travaux pendant le bail en cours, et saisir le tribunal en cas de refus.
Un propriétaire peut-il vraiment être sanctionné en 2026 pour louer un G ?
Pas d’amende administrative directe (la loi n’en prévoit pas). Mais le locataire peut : (1) exiger des travaux sous astreinte (50-500 €/j de retard), (2) demander une baisse de loyer judiciaire (10-30 % observés), (3) faire annuler le bail si signé après 2025 — donc impayés non recouvrables. Les bailleurs récidivistes peuvent aussi être inscrits dans les fichiers des "bailleurs indésirables" gérés par certaines associations de locataires.
Comment savoir si mon logement est G ou F ?
Le DPE indique la classe A à G en première page. Si pas de DPE récent (post-2021), il est obligatoire d’en faire faire un avant toute location ou vente (100-250 € TTC). Diagnostiqueur certifié à choisir via l’annuaire officiel diagnostiqueurs.application.developpement-durable.gouv.fr. Validité 10 ans depuis 1er juillet 2021. Méthode 3CL-2021 unifiée — opposable juridiquement.
Les meublés touristiques (Airbnb) sont-ils concernés par l’interdiction ?
NON. La loi Climat et Résilience vise uniquement la résidence principale (bail vide ou meublé, ≥ 8 mois consécutifs). Les locations saisonnières (meublé de tourisme, location courte durée type Airbnb) ne sont pas concernées par les seuils 2025/2028/2034. Néanmoins, plusieurs villes (Paris, Lyon, Bordeaux) imposent désormais une note DPE minimale dans leur règlement local pour autoriser un changement d’usage en meublé tourisme.
Combien coûte sortir un logement G/F de la classe passoire ?
Selon l’audit énergétique : 25 000 à 70 000 € pour passer d’un G ou F à un D ou E (gain ≥ 2 classes DPE, prérequis MPR Parcours accompagné). Aides 2026 cumulables : MaPrimeRénov’ Parcours accompagné jusqu’à 70 000 € (90 000 € avec bonus passoire 10 % + bonus BBC), CEE Coup de pouce, TVA 5,5 %, éco-PTZ jusqu’à 50 000 € sans intérêts. Reste à charge typique 10-30 % pour les ménages très modestes en passant par Mon Accompagnateur Rénov’.
Qui contrôle l’interdiction location G en 2026 ?
Aucun contrôle administratif systématique (pas d’inspection automatique). Le contrôle se fait par : (1) le locataire qui constate l’infraction et saisit le juge, (2) la justice civile (tribunal des contentieux de la protection), (3) certaines préfectures qui ont mis en place des observatoires des passoires (Île-de-France, Hauts-de-France). Les annonces immobilières sont scannées par les associations type CLCV qui signalent les annonces non conformes (mention obligatoire "logement énergivore").
Peut-on vendre une passoire en 2026 sans rénover ?
Oui, la vente reste autorisée pour tout DPE (A à G). Obligations : (1) audit énergétique en plus du DPE pour les maisons individuelles classées F, G ou E (étendu au E le 1er janvier 2025), (2) mention claire dans l’annonce de la note DPE et GES + label "logement énergivore" pour F/G. Décote moyenne observée : -5 à -15 % pour un F, -10 à -20 % pour un G (étude Notaires de France 2024). Délai de vente rallongé +30-60 jours.
Quelles dérogations pour les copropriétés en 2026 ?
Si l’assemblée générale a refusé les travaux nécessaires (procès-verbal AG à l’appui), le bailleur peut continuer la location en justifiant l’impossibilité matérielle d’agir seul. Important : depuis 2024, les majorités sont assouplies — 2/3 des copropriétaires (au lieu de l’unanimité) suffisent pour autoriser les travaux d’isolation thermique des parties communes. Des financements collectifs MaPrimeRénov’ Copropriété existent (jusqu’à 25 % du devis collectif + bonus 3 000 €/lot pour sortir de F/G).

Sources officielles

Pour aller plus loin

CD

Écrit par

Claire Dubois

Rédactrice spécialisée prix et aides à la rénovation

Claire analyse les barèmes d'aides publiques et les tendances de prix du marché depuis plus de 12 ans. Elle s'appuie sur les données officielles (France Rénov', ANAH, DGEC) et sur les baromètres sectoriels publics pour informer les propriétaires sur le cumul des aides et l'optimisation budget.

Bases rédactionnelles :Formation en économie et finance ; veille continue sur les dispositifs MaPrimeRénov', CEE, éco-PTZ et TVA 5,5 %.

Publié le

Aides à la rénovation énergétique — barèmes 2026. Informations à titre indicatif. Vérifiez les conditions exactes sur france-renov.gouv.fr ou auprès d'un conseiller France Rénov' (3818, appel non surtaxé) avant signature d'un devis.